Tous les guides
Stratégie18 août 20269 min

Combien coûte réellement un ticket SAV transport ?

« Le SAV, c'est un coût fixe, on a déjà l'équipe. » C'est la phrase qui empêche la plupart des e-commerçants et logisticiens de savoir combien leur coûte réellement un ticket. Voici une méthode de calcul complète — trois composantes, une formule, un protocole de mesure, un exemple chiffré à refaire avec vos propres données — et les leviers de réduction classés par impact.

Les trois composantes du coût

ComposanteContenuOù la trouver
1. Temps agentTemps moyen de traitement complet d’un ticket (lecture, recherche du contexte, réponse, relances) × coût employeur horaireChronométrez 20 tickets représentatifs — le chiffre surprend toujours
2. Outillage & structureLicences help desk, téléphonie, management de l’équipe SAV, formation, recrutement lié au turnoverComptabilité analytique, au prorata du temps SAV
3. Coûts cachés du litigeIndemnités transporteurs jamais réclamées, gestes commerciaux, chargebacks, avis négatifsComparez vos pertes transport déclarées à vos indemnités effectivement encaissées

La formule

Coût réel par ticket

(temps moyen par ticket × coût horaire chargé) + (coûts d'outillage et de structure ÷ nombre de tickets) + (coûts de litige non récupérés ÷ nombre de tickets)

Le protocole de mesure (une demi-journée suffit)

  • Échantillonnez 20 tickets récents répartis sur vos motifs principaux (suivi, litige, retour, question produit) — pas seulement les faciles.
  • Chronométrez le traitement complet : lecture, recherche du tracking et de la commande, rédaction, et surtout les reprises (chaque réouverture du ticket recompte). Le temps de recherche de contexte dépasse souvent le temps de rédaction.
  • Comptez les touches : un ticket touché 4 fois coûte près de 4 fois un ticket résolu au premier passage. Le taux de résolution au premier contact est votre multiplicateur caché.
  • Sortez les litiges du lot : un dossier transporteur (réclamation + relances) se compte en dizaines de minutes étalées sur des semaines — mesurez-le séparément.

Exemple chiffré (hypothèses affichées, à adapter)

Prenons une équipe qui traite 2 000 tickets SAV transport par mois :

  • Temps agent : 9 minutes en moyenne par ticket (les demandes simples vont vite, les litiges transporteurs prennent 30 à 45 minutes), à 26 €/h chargés → 3,90 € par ticket.
  • Outillage & structure : 800 € d'outils + une part d'encadrement à 1 200 €/mois → 1,00 € par ticket.
  • Litiges non récupérés : 60 colis perdus/endommagés par mois dont la moitié jamais réclamée au transporteur, à 40 € de préjudice moyen → 1 200 €/mois → 0,60 € par ticket.

Soit environ 5,50 € par ticket, hors gestes commerciaux — près de 11 000 € par mois pour 2 000 tickets. La composante 3 est presque toujours sous-estimée : chaque dossier transporteur non ouvert est une indemnité abandonnée (voir ce que les transporteurs doivent réellement).

Les leviers de réduction, classés par impact

LevierImpact typeCommentaire
Automatiser les motifs répétitifs (suivi, instance, relais)FortLa majorité du volume en SAV transport — la réponse est dans le tracking, pas dans la tête de l'agent
Supprimer la recherche de contexte (tracking + commande dans le ticket)FortDivise le temps agent même sur les tickets non automatisés
Réclamer systématiquement les litiges transporteursFortTransforme la composante 3 en recette — souvent auto-finance l’outillage
Réduire les tickets à la source (notifications proactives)MoyenUn client prévenu du retard n'écrit pas — voir la supervision proactive
Optimiser le coût d'expédition lui-mêmeMoyenLe coût transport et le coût SAV se pilotent ensemble : des plateformes comme Envoi du Net négocient les tarifs d'envoi, votre SAV mesure les taux d'incident par réseau — les deux chiffres se lisent côte à côte pour choisir le bon transporteur au bon prix
Macros et modèles de réponseFaible seulUtile, mais ne supprime ni la recherche de contexte ni les relances

Ce que le chiffre change

  • Il rend l'arbitrage externaliser vs automatiser factuel : comparez des € par ticket, pas des impressions.
  • Il révèle le levier n° 1 : réduire le temps de recherche de contexte (tracking, historique, consignes client), qui représente souvent la moitié du temps agent.
  • Il transforme la réclamation transporteur en centre de profit : réclamer systématiquement peut couvrir une part significative du coût du SAV.
  • Il vous donne un indicateur de pilotage mensuel : coût par ticket, taux de premier contact résolu, taux de réclamation — trois chiffres suffisent à piloter un SAV.

Questions fréquentes

Faut-il inclure le temps du service client passé sur les avis et réseaux sociaux ?

Oui si votre équipe SAV les traite : un avis négatif lié à une livraison est un ticket comme un autre, souvent plus coûteux (réponse publique, geste commercial). L'inclure révèle le vrai coût des litiges mal gérés.

Mon prestataire externalisé me facture 1,50 € par ticket : mon coût est donc 1,50 € ?

Non : ajoutez votre temps de supervision du prestataire, les tickets qu'il vous escalade, les erreurs à rattraper, et la composante 3 (litiges non réclamés — presque jamais dans le périmètre externalisé). Le coût facial du ticket externalisé est un plancher, pas un coût complet.

Quelle est la bonne fréquence de mesure ?

Le protocole complet une à deux fois par an, et trois indicateurs en continu : tickets par commande expédiée, coût par ticket estimé, indemnités récupérées par mois. Toute dérive se voit en quelques semaines.

Arrêtez de gérer ces procédures à la main

Unanimity détecte les incidents, dépose les réclamations et relance les transporteurs automatiquement.